Édito
Si on chantait ? Chanter pour ensoleiller l’hiver, chanter pour développer notre souffle, chanter pour rayonner de la joie de Dieu (celle qui fait notre force comme le rappelle le livre de Néhémie), chanter pour dire notre reconnaissance au Seigneur, chanter pour animer nos cultes (c’est à dire, au sens propre leur donner une âme, ou au moins un supplément d’âme !).
A Bastia , le 22-23 février, le Gospel va s’élever sous la houlette de Didier Likeng. Celles et ceux qui étaient là il y a quelques années quand il était venu, gardent un souvenir ému de sa prestation et de ce qui avait été vécu avec lui.
Chanter les mercredis à Sainte Lucie à Ajaccio, pour celles et ceux qui se rendent disponibles, pour soutenir l’assemblée du dimanche et donner du corps à notre liturgie.
C’est en effet un élément important pour la Réforme, et dès ses débuts. Pour Luther, les cantiques servent « à instruire et à élever les esprits », il recommande aux chrétiens d’en garder un recueil sur soi afin de les « exercer et d’aspirer sans cesse à ces cantiques spirituels et à ces Psaumes ». Mélomane et musicien, il est convaincu que « Dieu annonce l’Évangile aussi par la musique ». Les textes choisis sont souvent très centrés sur la personne du Christ, l’incarnation, la croix et la résurrection. Ce sont les chorals luthériens. Ils étaient souvent chantés à l’unisson mais aussi à 4 voix, et soutenus par des chœurs, des instruments.
Jean-Sébastien Bach a ensuite harmonisé ces chorals luthériens les plus réussis, et les a intégrés à ses cantates, ses passions, ses pièces d’orgue.
À Genève, avec Calvin, le Psautier de 1556 contient, dans sa préface, un petit traité explicatif sur la notation musicale, ce qui favorise l’acquisition des psaumes à ceux qui n’avaient aucune notion de solfège et propose à l’enseignant un outil de pédagogie différenciée. D’autre part, en 1559, Calvin fonde un Collège, ouvert aux garçons et aux filles ; il y prévoit une heure de pratique du chant sacré par jour.
Chanter n’est donc pas du temps perdu, c’est un moyen de nourrir sa spiritualité personnelle et de communier le dimanche dans le partage de la musique et des paroles comme un moyen de rendre compte d’un des piliers de la Réforme qui est le Sacerdoce universel.
Marie-Odile