Édito
Une remarque d’un lecteur du journal Réforme du 17 avril 2025 m’a touchée, je voudrais vous la faire partager, il écrit ceci : si nous témoignons que Dieu est intervenu dans l’histoire de l’humanité pour changer le cours des choses et qu’il est intervenu dans notre vie personnelle pour faire d’une rencontre une histoire d’amour éternelle, nous pouvons être entendus.
Cet appel tout simple à un témoignage non seulement communautaire mais aussi personnel me semble des plus pertinents, et tout particulièrement dans un monde qui se gargarise de catastrophes de tous ordres, qui existent certes, mais qui ne sont pas le tout de la vie du monde.
Le mois de Mai est, ici ou là, célébré comme le mois de l’Évangile. Avec une majuscule à Évangile, ce qui pointe non pas vers les quatre premiers livres de notre Nouveau Testament (encore qu’il ne soit pas interdit de les lire et de les relire !), mais vers le fond du message porté par le Christ et qui éclate dans sa Résurrection : dans tous nos lieux de morts, personnelles ou partagées plus largement, toujours et partout, le Christ se tient, debout. Il peut transformer nos deuils, nos détresses, nos peurs, nos replis en ferments de vie. Certains d’entre nous ont peut-être vécu, expérimenté cela dans leur existence, nous pouvons en témoigner. C’est une question de foi, une question de confiance dans cette parole ultime de Jésus à ses disciples dans la finale de l’évangile selon Matthieu, après son appel au témoignage, à l’enseignement, et au baptême il ajoute : et moi je suis avec vous tous les jours de votre vie, jusqu’à la fin du monde.
Dès lors, dans la tourmente qui secoue le monde, nous savons que nous ne sommes pas seuls. Tout ne repose pas sur nos frêles épaules. Nous avons à agir, certes, mais nous ne devons en aucun cas nous résumer à une ONG, fut-elle la plus active du monde. C’est bel et bien de confiance et d’espérance que nous devons d’abord témoigner. Et de paix. Celle-là même dont notre temps manque furieusement mais qui ne peut naître que si, d’abord, nous l’accueillons, en nous-mêmes, entre nous, pour la vivre autour de nous. Celle-là même que le Christ ressuscité offre à ses disciples rassemblés dans le deuil, l’incompréhension et la crainte après Pâques.
Puissions-nous, comme Thomas, notre jumeau, nous laisser envahir par cette conviction qui sonne comme une urgence : Mon Seigneur et mon Dieu !
Que ce mois de Mai où nous lisons, dimanche après dimanche ces récits d’apparitions qui témoignent si bien de la sollicitude de Jésus pour les siens, soit pour nous aussi l’occasion de rencontres, de réveil et de témoignage joyeux, pour le monde.